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Le but de ce texte est, à travers l’explicitation de certains termes clés de l’Aïkido,de souligner que cet art martial n’est pas simplement une technique de combat qui s’apprend dans une salle mais un véritable état d’esprit, une culture et un art de vivre qui demande un réel travail sur soi permanent.

Le ‘Dojo’

est un mot japonais d'origine bouddhiste qui signifie le lieu où l'on recherche la voie.

Un dojo n'est ni un gymnase, ni un club – jamais –
même s’il est souvent situé dans un gymnase municipal. La notion de dojo n'a rien à voir avec le bâtiment dans lequel il se trouve.
Lorsque vous entrez dans un dojo, c’est dans tout un monde que vous pénétrez.

Le monde du dojo est différent du monde extérieur : votre attitude doit donc elle aussi changer lorsque vous y entrez.

L’univers du dojo est militaire :
n’oubliez jamais qu’un art martial est un art de guerre et que vous devez avoir sur le tatami la même attitude et la même concentration que celles que vous auriez sur un champ de bataille.

L'organisation est de type militaire tout y est hiérarchisé :
en permanence le pratiquant est confronté à cette organisation pyramidale, voir la disposition du dojo schéma ci-dessus.
Les grades menkyo etc (indicateurs de la structure pyramidale) et Menkyo même un non pratiquant le sais.
Le nier, fonctionner autrement, l'ignorer, ne pas l'enseigner, ne pas l'appliquer est évidement un signe d'incompétence évident, à l'évidence ce n'est pas de l'aïkido, ni même un autre art martial mais du n'importe quoi.

Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. "
Michel Audiard

Considérez le tatami comme un lieu où votre vie est en danger, un lieu où le moindre geste compte et pourrait être le dernier.

Si un dojo tend à se transformer, à cause du "formatage" culturel occidental, en un club ou un gymnase,


Il s’agit donc d’un lieu particulier qui ne se limite pas aux 4 murs de la salle mais qui est empreint d’un véritable état d’esprit ;
un lieu où les échanges et les rapports entre les gens n'ont rien à voir avec ceux d'un gymnase ou d'un club. Constituer et maintenir un véritable dojo n'est donc pas facile car cela demande des connaissances et parce que cela va à l’encontre de notre formatage habituel: sportif, démocratique, associatif ou fédéral. Ainsi, il y a très peu de véritables dojos et donc de professeurs d'aïkido…
Cela n'est pas dû au fait que certains pratiquants seraient pervers ou mal intentionnés, mais simplement au fait qu'ils aillent, comme tout être humain, vers ce qui leur est plus facile, familier et connu :
ils veulent éviter les difficultés et les efforts.
C’est ainsi qu’après avoir été attirés par un art qui leur est apparu différent, beaucoup y incorporent très vite leur environnement propre, celui de leur vie courante : c'est ce qu'il y a de plus facile à faire.
Mais leur Aïkido n’est alors plus de l’Aïkido puisqu’il devient le ‘leur’ or il n’y a qu’un seul Aïkido.
D’aucuns se persuadent qu’en l’adaptant à leur point de vue ils créent une œuvre originale hybride…certes, mais ce n’est alors pas de l’Aïkido.

Notre formatage culturel est ainsi la plus grande des difficultés à surmonter ; c’est notre ennemi permanent, un ennemi vicieux puisqu’il il fait partie de nous-mêmes au point où l’on a souvent du mal à le voir
– un ennemi dont certains n’ont même pas conscience.
Il existe dans toutes les disciplines des termes désignant le fait de briser ce formatage, ce conditionnement : en yoga on parle de mettre sous le joug ; en Aïkido ‘misogi’ signifie couper le corps en lanière pour expurger toute la crasse qui nous encombre. Symboliquement la porte du dojo doit donc marquer un changement chez qui la franchit : vous devez abandonnez à l'extérieur votre formatage et vos habitudes culturels pour devenir un autre.
Prenez également garde de bien fermer cette porte derrière vous afin que cette distinction soit claire et que n’importe qui ne rentre pas n’importe comment dans le dojo.

Sensei

‘Sensei’ signifie "professeur" et désigne le maître du dojo.



Lorsque vous entrez dans un dojo, ayez toujours à l’esprit que vous entrez chez un maître, dans sa maison pour ainsi dire.
Cette notion est importante non pas simplement parce que c’est une coutume ancienne mais parce que c’est une règle sans laquelle il n'y a pas d'Aïkido possible.

En effet, on dit traditionnellement « un maître, un dojo ».

Il n'y a donc qu'un seul professeur par dojo.

Si celui-ci confie la responsabilité de certains cours à quelques uns de ses élèves, ceux-ci ainsi que les autres pratiquants doivent avoir conscience que ce ne sont alors que des élèves du professeur en situation d'apprentissage

En tant qu’élève, le pratiquant n’est donc pas chez lui et ne dois pas se comporter comme s’il l’était.

Du respect de ce cadre, de sa hiérarchie et de la direction du maître dépend le fonctionnement même du dojo et c’est uniquement dans un tel cadre qu’un professeur d’Aïkido est compétent.

Si certains pratiquants, notamment les plus anciens d’un dojo, tendent à oublier leur place dans ce cadre et manquent à son respect, il est nécessaire de leur rappeler leur rang : il faut respecter dans un dojo la volonté de son maître ou bien s’en séparer.

Il faut donc toujours se comporter dans un dojo comme un invité.

En japonais les termes de ‘montei, monka, monjin’ véhiculent l’idée de l'élève qui se tient devant la porte du maître et qui lui demande la permission de rentrer chez lui.
C'est pourquoi avant de rentrer sur les tatamis d’un professeur il faut toujours lui demander son accord : si vous êtes en visite dans un dojo qui n'est pas le vôtre, il convient de vous présenter et de demander l'autorisation de rentrer au professeur. Lorsque vous êtes à l'heure au dojo dans lequel vous êtes habituellement élève, l’autorisation d’entrer est implicite, mais si vous êtes en retard, il convient de se présenter au professeur.

Le professeur ou un de ses ‘uchi deshi’ peut en effet vous demander de quitter le dojo définitivement, notamment si vous oubliez que vous n’êtes qu’un invité dans la maison du maître.

Règles et comportements

En plus de ce respect fondamental du professeur et de votre place dans son dojo, certaines règles et coutumes de politesse et de respect doivent être respectées.


La place du Sensei se trouve devant le kamiza, face aux élèves et vous ne devez jamais dépasser une ligne imaginaire passant par ses genoux, mais toujours vous trouvez devant lui.

Il est d'usage, en entrant dans le dojo, de saluer.

Puis, à votre entrée sur le tatami, saluez deux fois : une fois dans la direction du kamiza ou tokonoma, c'est-à-dire le mur d'honneur où se trouve le portrait du fondateur de l'aïkido, et une fois dans la direction du professeur dont vous êtes l’hôte.

Saluez de même à votre descente du tatami à la fin du cours, puis à votre sortie du dojo. 



Faire cela ne remet bien évidemment pas en cause vos droits, croyances ou religion, et ce ne sont pas non plus des actes de soumission mais simplement des gestes japonais de politesse et de respect : au lieu de se serrer la main comme en Occident par exemple, on incline le buste. Une personne qui refuse cet aspect de la pratique pour quelque raison que ce soit, par ignorance par croyance, doit se voir fermer la porte de la pratique de l’Aïkido et n'a rien à faire dans un dojo.


De même, si l’on veut entrer dans un temple ou une mosquée il faut en respecter les codes de conduite même si l’on n’est pas croyant.

 

La technique de l’Aïkido ne s’achète pas.


Votre cotisation fait de vous un élève du dojo, mais elle ne vous donne aucun droit.
En échange de l’enseignement que vous allez recevoir de la part du professeur ou de ses uchi deshi, vous allez devoir offrir plusieurs choses:



De même vous passeriez dans une entreprise commerciale par divers postes pour peu à peu accomplir toutes les tâches, car c’est par là que commence l'autonomie.



Puisque ce fonctionnement ne se fait pas par élections comme dans une association quelconque, deux démarches sont possibles pour l’attribution de taches.
Vous pouvez vous proposez d'accomplir certaines tâches pour le dojo auprès du professeur directement

Evidemment, votre sempaï et le professeur remarquent vite si vous ne faites jamais rien et si vous avancez toujours de bonnes raisons pour ne rien faire (âge, temps, travail…).

Si vous choisissez cette attitude et que vous persistez à ne rien faire, votre rang dans la hiérarchie du dojo sera toujours le plus bas car votre manque d’implication à ce niveau là témoignera de votre manque de motivation, de connaissances et de compréhension de l'Aïkido, de son esprit et de ce en quoi il consiste.

Un comportement profiteur, c'est-à-dire une implication zéro peut se solder à terme par un isolement voire une expulsion du dojo si vous entraînez d’autres dans cette voie.



Le sempaï et le kohaï

‘sempaï’ signifie "l'ancien", kohaï signifie le "jeune".

Sur le tatami les sempaïs sont traditionnellement à votre droite.
Sempaï ne veut pas dire ou uchi deshis ; ‘sempaï’ désigne le pratiquant qui a commencé avant vous et ‘kohaï’ celui qui a commencé après vous.
Tout pratiquant dans un dojo est le sempaï de quelqu’un et le restera toute sa vie de pratiquant.
Le rôle du sempaï et de prendre un ou plusieurs kohaï sous sa coupe se et veiller à ce que le kohaï ait toujours le bon comportement : il est responsables de son éducation.
Le kohaï doit toujours avoir un grand respect pour son sempaï et lui être reconnaissant de lui faire gagner du temps dans l’acquisition de l'Aïkido.
Il doit être très attentif puisqu’il va très rapidement devenir le sempaï de quelqu'un d'autre à son tour.

Vous pouvez en effet être le sempaï de quelqu’un qui a commencé l’Aïkido ne serait-ce qu’une heure après vous.
Vous êtes alors dès la deuxième heure à la fois le professeur d’un kohaï et l’élève du professeur.
De façon analogue, vous êtes d’une part ‘Tori’, celui qui projette, et l'instant d'après, ‘Aïté’, celui qui chute.
Cette notion centrale d’opposés complémentaires, tels ‘Omote’ et ‘Ura’, ‘Yin’ et ‘Yang’ forme le socle de toute la culture orientale et de tous les arts orientaux.

Dans notre formatage occidental, on est élève pendant longtemps, puis, après avoir passé des examens, on devient professeur.
C’est là le fonctionnement d’un club.
En aïkido on est professeur le deuxième jour.

C’est là le fonctionnement du dojo.
On doit être capable d’enseigner du mieux que l’on peut ce qu'on a étudié la veille, et chaque pratiquant ne cesse ainsi jamais d’être à la fois élève et professeur.
Alors seulement les conditions sont réunies pour pratiquer l’Aïkido et c’est pourquoi on ne pourra jamais en faire dans un club.
Par égoïsme, certains anciens tendent avec le temps à oublier qu'ils ont un jour débuté et ont l'impression de perdre leur temps avec des débutants, au point parfois de n’apparaître dans le dojo que plusieurs semaines après le début des cours, lorsqu’il y a moins de débutants.
Là encore ce genre de pratiquant refuse les difficultés, va au plus facile et au moins fatigant, car chacun sait que rien n’est plus facile que de pratiquer avec des personnes que vous connaissez, qui se sont habituées à vos défauts plutôt que de pratiquer avec des débutants dont le manque d’expérience serait susceptible de révéler une faille dans la technique.
Cette fuite devant la difficulté témoigne d’une incompétence et de l’incapacité à remettre en cause ses acquis.
Le sempaï dans ce cas là ne joue pas son rôle et n'apprend guère quoi que ce soit.
Inversement, celui qui aide les plus jeunes et pratique avec les moins expérimentés sait que c’est ainsi que lui-même progresse le plus.

Ce que nous avons voulu faire ressortir en soulignant tous ces aspects de l’Aïkido, c’est que si apprendre et enseigner l'Aïkido n'est pas facile mais demande un réel travail sur soi permanent, c’est parce que l’Aïkido est bien plus qu’une technique mais un véritable état d'esprit, une culture et un art de vivre qui forme un tout indissociable.

Ne pas faire d’efforts, vouloir dissocier la technique de l’art, manquer de voir que l’Aïkido forme ce tout, c’est passer à côté de l’Aïkido, c’est ne pas faire de l’Aïkido.












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