Les grades
1 Préambule
Définir ce qu'est le système de grade dans le domaine des arts martiaux japonais est une gageure.
On peut dire ce qu'il est… et aussi ce qu'il n'est pas.
L'ignorant croit que c'est l'indice d'une compétence : plus le grade est élevé plus le titulaire est compétent… Il fait une transposition du système occidental scolaire, universitaire et sportif dans un art oriental, où ces repères n'ont rien à faire. C’est la pire des bêtises à faire, et c'est pourquoi quelqu'un de non compétent, non pratiquant, occidental, la fera. Et c’est normal : il ne connaît pas, donc il transpose ce qu'il connaît, et observe à travers ce filtre déformant. Pourtant des gens sans pratique sérieuse ont des grades importants ; l'ignorant le justifiera en disant ce sont des grades honorifiques… ce qui n'existe pas dans le système des grades martiaux !
Le sportif pas encore dopé dira que seuls les passages de grade selon des normes locales, souvent simple imitation du système de compétitions sportives, donnent des grades valables.
Le problème, c'est que le fondateur n'a jamais accordé un grade à des gens qui faisaient leur petit numéro de sport devant un jury, comme les sportifs. Des grades donnés par une fédération sportive, cela n'existe pas au Japon où ce sont les maîtres qui décernent les grades... Là-bas, le grade est un enjeu politique, un instrument de pouvoir.
Quand cette approche est reprise par des professeurs d'arts martiaux ou d'aïkido qui enseignent, ou forment des gens, cela devient du grand délire. L'incompétent, comme celui sensé être compétent, ont le même avis, ce qui est déjà anormal au départ… sinon quel intérêt à étudier la discipline ? Aucun...
« Un repère dans la progression de l'étude de l'aïkido ! », dira le consommateur pour masquer sa soif de grade, car valoriser son ego n’étant pas très bien vu par les pratiquants, on se donne bonne conscience en évoquant une nécessité pédagogique.
Le problème c'est que l'aïkido est un art, et que chacun évoluera à son rythme et à sa façon, car nous sommes tous différents. D’où l’impossibilité d'y plaquer une échelle de valeur.
2 Histoire des grades dans le temps